Je suis allée voir dernièrement l’expo de Warhol au musée des beaux arts, je l’ai trouvée fascinante, riche, underground, rock’n roll et colorée. Voici quelques pensées partagées avec vous. J’aurai pu aussi vous parler des Velvet Underground, de la sexualité d’Andy mais je me suis arrêtée à Andy l’artiste, le jet setteur puis à sa douce muse.
Andy l’artiste
Les œuvres d’Andy Warhol me donne l’impression d’être dans un magasin de décoration du coin de la rue tant ses photographies tamponnées aux couleurs vives sont d’actualité et tendances. Des personnes photographiées, aux traits incomplets, apparaissent imprimées et plaquées sur la toile, comme le cachet d’une lettre à la poste. J’imagine le tamponnage mécanique, comme si l’artiste reproduisait les œuvres dans une usine en de grandes quantités. Les sujets comptent de nombreuses étoiles telles que Liza Minnelli, Marylin Monroe, Elvis Priestley, Elizabeth Taylor mais aussi Mickey Mouse puis des objets anodins et ordinaires de la consommation de masse : une boite de soupe de tomate Campbell’s, une bouteille de coke, une banane. L’art évoque la vie de tous les jours et devient plus accessible, d’où le nom « Pop Art», art populaire. Sur chaque toile, 2-3 couleurs prennent l’assaut du regard avec des contrastes saisissants, décalés de la réalité et revigorants.
Andy le jet setteur
« I love Los Angeles. I love Hollywood. They’re so beautiful. Everything’s plastic, but I love plastic. I want to be plastic.’’ Attiré par ce qui brille, Andy créa son endroit de prédilection : la “ Silver Factory”, un vaste loft des années 60 aux murs recouverts de peinture argentée, univers tempête de neige de party makers ouverts à toutes les classes sociales. Après y avoir passé quelques instants, l’anonyme se transformait en superstar. Il pouvait y venir pour observer une exposition, participer à un tournage, écouter un show, danser ou encore faire la fête. Lieu de création et de défonce totale, la jet-set new yorkaise côtoyait les dépressifs, toxicos et paumés. Plus le membre de la factory était perdu, plus il avait de chance de voir son statut de superstar renforcé comme si Andy choisissait des sujets abusés pour adhérer à son collectif wharolien, profiter de leur talent et les vider de leur personnalité. Certain évoquent ainsi que Warhol noyait les individualités dans le groupe. Il était, finalement, plus difficile de sortir du cercle, sans le confort du dandy protecteur à proximité.
Andy avec sa muse
Edie Segwick, femme fatale, blonde platine, sourire charmeur et yeux rieurs; était la muse d’Andy. Edie fréquenta souvent la « Silver factory » avec son ami Chick Wein. Elle joua dans plusieurs des films de Warhol dont Poor little rich girl. Son côté glamour et underground, ainsi que sa délicieuse sensualité, donnèrent beaucoup d’impact dans les films, elle était alors la petite préférée de l’artiste. Grande habituée des soirées mondaines, Eddie consommait psychotropes à gogo, entraînant ainsi une forte dépendance vis-à-vis de son protecteur et un manque de confiance en soi. Leurs relations se détérioraient ainsi peu à peu si bien qu’elle quitta le cercle warholien. Elle rencontra alors Bob Dylan et l’inspira ainsi pour la chanson « Blonde on blonde. » Son état ne s’améliora pas, si bien que la sexy lady sombra du haut de ses petits 28 ans. Un film raconte son histoire « Factory Girl » avec Sienna Miller qui l’interprète, intéressant pour en savoir plus sur le personnage.
Finalement au delà du fait qu’Andy Warhol soit toujours profondément ancré dans notre société contemporaine, je trouve le personnage intéressant car il a innové artistiquement, en adoptant un nouveau processus de reproduction ainsi qu’en rendant des sujets ordinaires de nouvelles superstars. Il a partagé les souvenirs de l’humanité en les rendant accessibles pour tous. Enfin son côté décalé, parfois mi femme-mi homme, fait de lui un être mystérieux et hors norme.
Pour en savoir plus, rendez-vous au musée des beaux arts de Montréal :
Warhol Live, jusqu’au 18 janvier 2009
Source : Wikipedia


