Binocles mastoques, généreux dans les yeux; qui aurait pu imaginer sans le connaître qu’il cachait autant de talent ? Vêtu d’une simple blouse blanche, un crayon à la main, il dessinait en deux temps trois mouvements, les futures lignes de la femme contemporaine.
Une femme influencée par la tendance androgyne, à la taille de guêpe aux antipodes des corps ronds et opulents de la renaissance. Une femme également en quête d’émancipation qui s’affirme et ose porter des vêtements appartenant jadis aux hommes. Des sahariennes auparavant réservées aux membres de l’armée, aux tailleurs et smockings, héritages des complets masculins. Enfin finalement, une femme dans toute sa splendeur, mettant en valeur son essence même, sa nudité mais de manière subtile et élégante.
Yves Saint Laurent se définissait non pas couturier mais plutôt artisan ou créateur de bonheur. Ses vêtements témoignent de sa volonté insatiable de créer tout comme sa grande rigueur. Chaque pièce est travaillée en détail : coupe maîtrisée, étoffe précieuse, broderie délicate; c’est un véritable plaisir de scruter à la loupe sa collection. Contrairement à certains créateurs s’exilant hors des frontières pour s’imprégner de nouveau ; YSL reste chez lui et donne la place à toute son imagination.
Tenue tsarine étincelante, froufrou de flamenco, robe perlée africaine; le couturier célèbre les saveurs locales. Parfois le style est élégant, classique; le noir était sa couleur préférée. D’autres fois, les couleurs donnent la note, beaucoup de rouge et de rose; YSL s’inspirait du glamour. Dans l’univers cinématographique, il avait créé quelques décors de cinéma tel que ceux du film Cyrano de Bergerac. Il entretenait aussi une forte complicité avec Catherine Deneuve. La belle d’un soir lui fût éternellement fidèle.
Rentré chez Dior à 19 ans, il avait par la suite décidé de monter sa propre maison de haute-couture avec le soutient de son compagnon Pierre Bergé. Il représente l’un des plus grands précurseurs de prêt-à-porter du 20 ème siècle. Il se trouvait timide, volontaire et accordant de l’estime pour les personnes indulgentes. Il voulait partir loin, revenir, puis se demander s’il aimerait toujours autant créer. Il détestait le snobisme de l’argent. Une femme, selon lui, devenait émouvante lorsqu’elle utilisait des artifices. Enfin, il disait ‘‘ Un corps nu est magnifique, il n’y a rien de plus beau qu’une femme nue dans les bras de l’homme qu’elle aime. Pour toutes celles qui n’ont pas ce bonheur, je suis là.’’
A ne pas manquer au musée des beaux arts de Montréal: Love, Yves Saint Laurent.
Exposition jusqu’au 28 septembre 2008.



[...] Tim Ranney wrote an interesting post today onHere’s a quick excerptTenue tsarine étincelante, froufrou de flamenco, robe perlée africaine; le couturier célèbre les saveurs locales. Parfois le style est élégant, classique; le noir était sa couleur préférée. D’autres fois, les couleurs donnent la note, … Read the rest of this great post here Posted in Uncategorized on June 22nd, 2008 | [...]
Ouf! Juste à temps pour l’attraper avant qu’on close les portes sur une part d’héritage et d’histoire. La belle expo! Quelle plume, tu sais vraiment capter l’essence en brève et nous raconter! Continues!